Peut-on changer de notaire en cours de dossier ?

Notaire

À savoir

  • Même si la visioconférence et les échanges dématérialisés facilitent aujourd’hui les relations à distance, certains clients préfèrent disposer d’un interlocuteur de proximité, accessible pour des rendez-vous en personne.
  • Ce souhait de proximité géographique constitue un motif parfaitement légitime pour solliciter un transfert vers un office plus proche de votre domicile actuel.
  • il vous permet de conserver une preuve datée de votre demande, ce qui peut s’avérer utile en cas de litige ultérieur.

Votre succession traîne depuis des mois sans avancée visible. Les appels à l’étude restent sans réponse. Vous avez le sentiment que votre vente immobilière n’avance pas assez vite. Ou peut-être avez-vous simplement déménagé et souhaitez-vous travailler avec un professionnel plus proche de chez vous. Quelle que soit la raison, une question revient souvent : ai-je le droit de changer de notaire alors que mon dossier est déjà ouvert ?

La réponse est claire : oui, vous pouvez parfaitement confier votre affaire à un autre officier ministériel, et ce à n’importe quel moment de la procédure. Ce droit fondamental découle du principe de libre choix du client, qui constitue l’une des garanties essentielles dans la relation avec les professionnels du droit.

Pourtant, cette démarche suscite souvent des interrogations légitimes. Faut-il se justifier ? Le transfert de dossier engendre-t-il des coûts supplémentaires ? Comment s’assurer que le changement n’entraînera pas de retard préjudiciable ? 

Pourquoi envisager un transfert de dossier vers une autre étude ?

Les motifs qui conduisent à vouloir changer d’interlocuteur juridique sont variés. Certains relèvent de circonstances personnelles, d’autres d’une insatisfaction légitime quant au traitement du dossier.

Un manque de disponibilité ou de communication

C’est probablement la raison la plus fréquemment invoquée. Vous laissez des messages qui restent sans retour pendant plusieurs semaines. Les rendez-vous sont reportés à répétition. Vous avez l’impression que votre affaire stagne sans explication. Cette situation, frustrante, peut avoir des conséquences concrètes : retard dans une transaction immobilière, tensions familiales dans le cadre d’une succession, ou simplement une anxiété croissante face à l’incertitude.

Le notaire exerce une profession réglementée qui implique des obligations déontologiques, parmi lesquelles figure le devoir de diligence. Si vous estimez que ces obligations ne sont pas respectées, rien ne vous oblige à maintenir une relation professionnelle devenue insatisfaisante.

Un déménagement ou un changement de situation géographique

Vous avez hérité d’un bien situé dans une région où vous ne résidez plus depuis longtemps. L’étude qui gère votre dossier se trouve à plusieurs centaines de kilomètres. Même si la visioconférence et les échanges dématérialisés facilitent aujourd’hui les relations à distance, certains clients préfèrent disposer d’un interlocuteur de proximité, accessible pour des rendez-vous en personne.

Ce souhait de proximité géographique constitue un motif parfaitement légitime pour solliciter un transfert vers un office plus proche de votre domicile actuel.

Une perte de confiance ou un désaccord persistant

Parfois, le courant ne passe tout simplement pas. Les explications fournies vous semblent confuses, les conseils inadaptés à votre situation, ou vous ressentez un manque d’écoute face à vos préoccupations. La relation notaire-client repose sur la confiance : si celle-ci est rompue, poursuivre la collaboration devient contre-productif pour les deux parties.

Il arrive également que des désaccords surviennent sur la stratégie à adopter, notamment dans les dossiers complexes impliquant plusieurs héritiers ou des enjeux patrimoniaux significatifs. Dans ces circonstances, recourir à un autre professionnel offre parfois un regard neuf sur la situation.

La recherche d’une expertise spécifique

Certains dossiers requièrent des compétences particulières que tous les offices ne maîtrisent pas nécessairement avec la même acuité. Une opération impliquant des actifs numériques, une succession internationale, une transmission d’entreprise ou un montage immobilier atypique peut justifier le recours à un praticien spécialisé dans ces domaines.

Quelle est la procédure pour changer de notaire ?

Contrairement à ce que l’on pourrait craindre, les formalités à accomplir restent simples. Vous n’avez pas besoin de vous justifier, ni d’obtenir l’accord de votre notaire actuel.

Informer l’étude en charge de votre dossier

La première étape consiste à notifier officiellement votre décision à l’office qui détient actuellement votre dossier. Cette notification doit être effectuée par lettre recommandée avec accusé de réception. Ce formalisme n’est pas une simple recommandation : il vous permet de conserver une preuve datée de votre demande, ce qui peut s’avérer utile en cas de litige ultérieur.

Dans ce courrier, indiquez clairement votre volonté de confier la suite de votre affaire à un autre professionnel. Précisez les coordonnées complètes du nouvel office notarial vers lequel le dossier devra être transféré. Vous n’êtes pas tenu d’expliquer les raisons de votre choix, même si rien ne vous empêche de le faire si vous le souhaitez.

Prendre contact avec le nouvel office

En parallèle, ou même avant d’envoyer votre courrier, il convient de vous rapprocher de l’étude à laquelle vous envisagez de confier votre dossier. Ce premier contact permet de vérifier que le nouveau praticien accepte de reprendre l’affaire et de vous assurer qu’il dispose des compétences adaptées à votre situation.

Lors de cet échange, exposez brièvement l’état d’avancement du dossier et les difficultés éventuellement rencontrées. Ces informations aideront le nouveau notaire à évaluer le travail restant à accomplir et à vous donner une estimation des délais.

Le transfert effectif des pièces

Une fois votre demande reçue, l’ancien office dispose d’un délai raisonnable pour transmettre l’intégralité des pièces à son confrère. En pratique, ce transfert s’effectue généralement sans difficulté, les règles déontologiques imposant aux notaires de faciliter la transition.

Le dossier transmis comprend l’ensemble des documents que vous avez fournis, les pièces administratives collectées, les projets d’actes éventuellement rédigés, ainsi qu’un état récapitulatif des diligences déjà accomplies. Cette transmission exhaustive permet au nouvel interlocuteur de reprendre le travail là où il a été interrompu.

Le changement de notaire entraîne-t-il des frais supplémentaires ?

Cette question revient systématiquement, et la réponse rassure généralement les personnes concernées : le transfert de dossier en lui-même ne génère aucun frais. Vous ne payez pas pour changer d’interlocuteur.

Le principe : pas de pénalité pour le client

Le libre choix du notaire est un droit absolu. Aucune clause contractuelle, aucun usage professionnel ne peut vous contraindre à rester avec un praticien dont les services ne vous conviennent plus. En conséquence, l’acte de changer d’étude n’occasionne pas de facturation spécifique.

De même, lorsque deux notaires interviennent successivement sur un même dossier, les émoluments globaux ne sont pas doublés. La rémunération tarifée reste identique : elle sera simplement répartie entre les deux offices en fonction du travail effectivement réalisé par chacun.

L’exception : la rémunération du travail déjà effectué

Si l’ancien notaire a accompli des diligences significatives avant votre demande de transfert, il est en droit de facturer ce travail. Cette rémunération correspond aux actes préparatoires, aux recherches effectuées, aux courriers envoyés, aux vérifications réalisées auprès des administrations.

Dans les faits, cette facturation intervient principalement lorsque le dossier a connu une avancée substantielle. Pour une succession, par exemple, si le notaire a déjà rédigé l’acte de notoriété, procédé à l’inventaire des biens, interrogé les différents organismes détenteurs d’actifs et préparé le projet de déclaration fiscale, son travail mérite rétribution même si la conclusion du dossier revient à un confrère.

Le montant réclamé doit rester proportionnel aux tâches accomplies. En cas de contestation, vous pouvez demander un détail précis des prestations facturées. Les instances ordinales peuvent également être saisies si vous estimez la demande excessive.

Comment anticiper ces éventuels coûts ?

Avant d’engager la procédure de transfert, n’hésitez pas à interroger votre notaire actuel sur l’état d’avancement du dossier et sur les honoraires susceptibles d’être réclamés. Cette transparence vous permettra de prendre votre décision en connaissance de cause.

De même, lors de votre premier rendez-vous avec le nouvel office, demandez une estimation du coût total de l’opération, en tenant compte du travail déjà réalisé par le précédent intervenant. Un professionnel sérieux saura vous fournir cette information après examen du dossier transmis.

Dans quels types de dossiers peut-on changer de notaire ?

Le droit de choisir librement son officier ministériel s’applique à toutes les catégories d’actes, sans exception.

En matière de succession

Les dossiers de succession s’étalent parfois sur plusieurs mois, voire plusieurs années pour les situations complexes. Durant cette période, des tensions peuvent apparaître avec l’étude en charge du règlement. Difficultés de communication avec certains héritiers, lenteurs administratives, désaccords sur la valorisation des biens : les occasions de friction ne manquent pas.

Chaque héritier dispose du droit de se faire assister par le notaire de son choix. Si vous êtes seul héritier, vous pouvez transférer l’intégralité du dossier. En présence de plusieurs ayants droit, le transfert nécessite généralement l’accord de l’ensemble des parties, sauf à ce que vous souhaitiez simplement être accompagné personnellement par un autre praticien, ce qui est toujours possible.

Pour une vente ou un achat immobilier

Une transaction immobilière implique généralement deux notaires : celui de l’acquéreur et celui du vendeur. Chaque partie conserve la faculté de remplacer son conseil à tout moment avant la signature de l’acte définitif.

Si vous êtes vendeur et que le processus traîne en longueur, rien ne vous empêche de confier votre dossier à un autre office pour accélérer les choses. De même, un acheteur insatisfait du suivi peut parfaitement solliciter un changement. Les frais de notaire, contrairement à une idée reçue, ne seront pas majorés : la répartition des émoluments entre les deux études concernées s’effectue selon des règles établies.

Pour un contrat de mariage ou une modification de régime matrimonial

Ces actes, qui engagent durablement la situation patrimoniale des époux, méritent un accompagnement de qualité. Si vous estimez que les conseils reçus ne correspondent pas à vos attentes ou que le praticien ne prend pas suffisamment en compte les spécificités de votre situation, le recours à un autre professionnel reste possible jusqu’à la signature définitive.

Pour la création d’une société ou une cession de parts

Les opérations relevant du droit des affaires requièrent souvent une réactivité particulière. Lorsque les délais s’allongent au point de compromettre un projet professionnel, le transfert vers un office plus disponible peut débloquer la situation.

Quels sont vos droits face à votre notaire ?

La relation avec un notaire obéit à des règles précises, qui protègent les intérêts du client.

Le devoir de conseil et d’information

Le notaire n’est pas un simple rédacteur d’actes. Il a l’obligation de vous éclairer sur les conséquences juridiques et fiscales des opérations envisagées, de vous alerter sur les risques éventuels, et de vous proposer les solutions les mieux adaptées à vos objectifs. Ce devoir de conseil s’exerce de manière personnalisée, en tenant compte de votre situation particulière.

Si vous avez le sentiment que ces obligations ne sont pas respectées, vous êtes fondé à rechercher un interlocuteur plus attentif.

La confidentialité absolue

Tout ce que vous confiez à votre notaire est couvert par le secret professionnel. Cette règle s’applique également en cas de changement d’étude : les informations transmises au nouvel office restent strictement confidentielles.

L’accès à votre dossier

Vous pouvez à tout moment demander des informations sur l’état d’avancement de votre affaire, obtenir des copies des pièces qui la composent, et solliciter des explications sur les démarches entreprises. Cette transparence fait partie des obligations professionnelles du notaire.

Comment choisir votre nouveau notaire ?

Une fois la décision prise de changer d’interlocuteur, encore faut-il trouver le bon professionnel pour reprendre votre dossier.

Plusieurs critères peuvent guider votre choix. La proximité géographique facilite les échanges et les rendez-vous. La spécialisation dans le type de dossier concerné garantit une expertise adaptée. La disponibilité et la réactivité, enfin, éviteront de reproduire les difficultés rencontrées précédemment.

Le premier rendez-vous, souvent proposé gratuitement par les études, constitue une excellente occasion d’évaluer la qualité de l’accueil et l’attention portée à votre situation. N’hésitez pas à poser des questions sur l’organisation de l’office, les délais habituels de traitement, et les modalités de communication privilégiées.

L’office de Maître Audrey Merle du Bourg, situé au Mans, accueille régulièrement des clients souhaitant transférer leur dossier en cours. Que votre affaire concerne une succession, une transaction immobilière, un projet matrimonial ou une opération sociétaire, notre équipe prend le temps d’examiner votre situation et de vous accompagner dans les meilleures conditions. Pour échanger sur votre dossier et évaluer ensemble les options qui s’offrent à vous, vous pouvez prendre rendez-vous directement en ligne.

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