Un don manuel transmet un bien mobilier, par exemple de l’argent, par remise matérielle ou virement, sans acte notarié obligatoire. Il se distingue d’un simple présent d’usage. Sa déclaration, sa fiscalité et ses conséquences dans la succession doivent être examinées même lorsqu’aucun droit de donation n’est à payer.
En bref
Sur cette page
- Quelles sont les conditions pour faire un don manuel ?
- Quel est le montant maximum pour un don manuel ?
- Est-il obligatoire de déclarer un don manuel ?
- Quel est l’intérêt de déclarer un don manuel ?
- Quelle est la nouvelle loi sur les dons manuels ?
- Don manuel : ce qui se rapporte à la succession
- Don manuel : par où commencer
- Don manuel : l’accompagnement de l’office
- Don manuel : questions fréquentes
Quelles sont les conditions pour faire un don manuel ?
Un don manuel suppose la remise d’un bien pouvant être transmis de cette manière, l’intention de donner et l’acceptation du bénéficiaire. Le donateur doit avoir la capacité requise et agir librement. Cette forme ne convient pas à un immeuble ; elle ne dispense pas de respecter la réserve héréditaire et les obligations fiscales.
Ce qui peut faire l’objet d’un don manuel : une somme d’argent, un chèque, un virement, un bijou, un véhicule, un meuble, une œuvre d’art, des titres au porteur, des crypto-actifs.
Ce qui ne le peut pas : un bien immobilier. Un immeuble ne se remet pas de la main à la main ; sa donation exige toujours un acte notarié, à peine de nullité. C’est le premier point sur lequel les familles se trompent, et un simple virement ne remplace pas cette formalité — voir la page rédaction authentique d’une donation.
Une limite de fond s’ajoute, souvent découverte trop tard : un don manuel ne peut pas priver les enfants de leur réserve héréditaire. Un parent qui donne l’essentiel de son patrimoine à l’un d’eux verra la donation réduite au décès, à la demande des autres.
Quel est le montant maximum pour un don manuel ?
Le don manuel n’a pas de plafond général de montant. Cela ne signifie pas que tout peut être donné sans limite : capacité, droits du conjoint, réserve héréditaire et ressources du donateur doivent être respectés. Les abattements fiscaux déterminent une exonération éventuelle ; ils ne constituent pas un plafond civil du don.
L’abattement de droit commun
Il dépend du lien de parenté et se reconstitue intégralement tous les quinze ans : 100 000 € par parent et par enfant, 31 865 € pour un petit-enfant, 15 932 € entre frère et sœur, 7 967 € pour un neveu ou une nièce, 5 310 € pour un arrière-petit-enfant. Au-delà, le barème s’applique — jusqu’à 60 % pour un bénéficiaire sans lien de parenté.
Le don familial de somme d’argent
L’article 790 G du Code général des impôts exonère 31 865 € supplémentaires, sous réserve d’une déclaration dans le délai requis, tous les quinze ans, à condition que le donateur ait moins de 80 ans et le bénéficiaire majeur ou émancipé, dans les liens familiaux prévus par le texte. Il se cumule avec l’abattement ordinaire : un parent de 75 ans peut donc donner 131 865 € à son enfant sans aucun droit.
Le présent d’usage
Un cadeau proportionné aux moyens du donateur et lié à un événement — anniversaire, mariage, réussite à un examen — n’est ni taxable, ni rapportable. Ce n’est juridiquement pas un don manuel. La frontière est une question de proportion, appréciée au cas par cas, et c’est elle qui se discute en cas de contrôle.
Est-il obligatoire de déclarer un don manuel ?
Oui dès lors qu’il est révélé à l’administration, et c’est au bénéficiaire de le faire. La déclaration se fait au moyen d’un formulaire dédié, dans le mois qui suit la révélation du don.
En pratique, la révélation intervient de plusieurs façons : la déclaration spontanée, un contrôle fiscal, une réponse à une demande de l’administration, ou — le cas le plus fréquent — le règlement de la succession du donateur, des décennies plus tard.
Le délai d’un mois connaît une exception, et elle n’est pas anodine. Pour un don supérieur à 15 000 € révélé spontanément à l’administration, le bénéficiaire peut choisir, au moment de cette révélation, de ne déclarer que dans le mois du décès du donateur. En revanche, lorsque le don est découvert à l’occasion d’une réponse à une demande de l’administration ou d’un contrôle, le mois court à compter de cette découverte, sans option possible.
C’est ce dernier point qui rend la question moins théorique qu’elle n’en a l’air : un don manuel non déclaré n’est pas effacé par le temps. Il devient taxable au jour où il est révélé, avec les abattements alors disponibles — pas ceux de l’époque.
Quel est l’intérêt de déclarer un don manuel ?
Déclarer un don manuel permet d’en formaliser la date fiscale, de calculer les droits éventuels et de suivre l’utilisation des abattements. La démarche déclarative est gratuite, mais un impôt peut être dû selon les circonstances. Elle contribue aussi à conserver une trace de la transmission, utile lors du règlement ultérieur de la succession.
Trois raisons de le faire, par ordre d’importance.
Faire courir les quinze ans. C’est l’argument décisif. Un don déclaré en 2026 permet de redonner 100 000 € en franchise en 2041 ; un don non déclaré n’a rien enclenché.
Donner une date certaine. La déclaration horodate le don vis-à-vis de l’administration comme des autres héritiers. C’est ce qui évite la contestation au décès, quand un frère soutient que la somme était un prêt et un autre qu’elle était un cadeau.
Éviter la requalification. Un virement entre proches sans trace de sa nature peut être analysé comme un prêt — donc remboursable — ou comme un don déguisé. L’écrit tranche.
Faire constater le don par acte notarié n’est pas obligatoire, mais cela ajoute la force probante de l’authenticité. C’est ce que traite la page rédaction authentique d’une donation.
Quelle est la nouvelle loi sur les dons manuels ?
Depuis le 1er janvier 2026, la déclaration des dons concernés s’effectue en principe en ligne, sous réserve des exceptions publiées par l’administration fiscale. Cette obligation déclarative ne crée pas une taxation automatique de tous les cadeaux. Un autre dispositif, distinct, prévoit une exonération temporaire de certains dons d’argent destinés au logement, avec conditions.
Les conditions sont précises. La somme doit être employée dans les six mois à l’acquisition d’un logement neuf ou en l’état futur d’achèvement destiné à la résidence principale du bénéficiaire, ou à des travaux de rénovation énergétique de sa résidence principale. Le dispositif vise les enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants, ou à défaut de descendance les neveux et nièces. Pour l’achat, le logement doit être affecté à la résidence principale du bénéficiaire ou d’un locataire pendant cinq ans ; la location à un membre de son foyer fiscal est exclue. Les travaux doivent concerner sa propre résidence principale et respecter les conditions d’éligibilité et de non-cumul : l’exonération se perd si cette condition n’est pas tenue.
Il se cumule avec l’abattement de 100 000 € en ligne directe et avec le don familial de 31 865 €. Autrement dit, une famille peut aujourd’hui transmettre des montants considérables en franchise totale — à condition d’agir avant l’échéance.
Don manuel : ce qui se rapporte à la succession
Sauf s’il a été consenti hors part successorale, un don manuel est réputé être une avance sur héritage : il se réintègre dans les comptes au décès pour que les enfants soient traités également.
Et c’est ici que se trouve le point le plus mal connu du sujet. Ce qui se rapporte n’est pas la somme donnée, mais la valeur du bien qu’elle a servi à acquérir, au jour du partage.
Lorsque l’argent a servi à acquérir un bien, le rapport peut être calculé en fonction de la valeur de ce bien et de la part financée par le don, selon les règles civiles applicables. Si la somme a été consommée, le calcul diffère. Deux dons d’un même montant ne produisent donc pas nécessairement le même résultat lors du partage.
C’est la raison d’être de la répartition anticipée par donation, qui peut stabiliser les valeurs au jour de l’acte sous les conditions légales, et cela peut provoquer un conflit entre frères et sœurs dans les successions. Le déroulé d’un règlement figure sur la page règlement notarial de la succession.
Usufruit et nue-propriété : donner sans se dépouiller
Le démembrement consiste à séparer deux droits normalement réunis : l’usufruit — utiliser le bien et en percevoir les revenus — et la nue-propriété, le droit d’en disposer. Donner la nue-propriété en conservant l’usufruit permet de transmettre sans cesser d’habiter ni de percevoir les loyers.
C’est le mécanisme central de la transmission organisée, pour deux raisons. Juridique : le donateur garde l’usage du bien jusqu’à son décès ; il ne peut simplement plus le vendre seul. Fiscale : les droits ne portent que sur la valeur de la nue-propriété, laquelle dépend de l’âge du donateur — plus il donne tôt, moins elle vaut cher, et moins l’impôt est élevé.
Le barème d’évaluation, les mécanismes du droit de quasi-usufruit sur les sommes d’argent et de l’usufruit à plusieurs bénéficiaires successifs au profit du conjoint ont chacun leur page.
Ce que l’usufruit devient au décès
Au décès de l’usufruitier, l’usufruit s’éteint et le nu-propriétaire devient plein propriétaire — sans aucun droit de succession sur cette reconstitution. C’est tout l’intérêt du dispositif.
Le nu-propriétaire a payé des droits au moment de la donation, sur une valeur diminuée ; il ne paie rien au décès sur la part d’usufruit qui le rejoint. Plus la donation a été faite tôt, plus l’écart est important.
Il faut distinguer deux situations que l’on confond souvent. Le démembrement voulu résulte d’une donation antérieure : au décès, il n’y a rien à transmettre. Le démembrement subi naît du décès lui-même, quand le conjoint survivant opte pour l’usufruit de la totalité — les enfants deviennent nus-propriétaires d’un bien dont leur parent garde l’usage, et l’impôt est calculé au décès.
Trois situations méritent vérification avant de considérer l’affaire close : un usufruit successif prévu au profit du conjoint, un quasi-usufruit portant sur des sommes d’argent avec sa créance de restitution, et les travaux restés en suspens entre les deux titulaires.
Don manuel : par où commencer
Transmettre se prépare, et la première décision n’est pas « combien » mais « sous quelle forme ». La carte des bénéficiaires et des abattements est sur transmettre un bien avant son décès, et ce qui s’organise pour après le décès sur préparer ses volontés avec le notaire.

Don manuel : l’accompagnement de l’office
Les avis publics de l’office portent sur plusieurs types de dossiers. Ils ne constituent pas des témoignages spécifiques à cette démarche. La fiche Google affichait 4,9/5 pour 76 avis lors du relevé du 27 septembre 2026 ; ces chiffres peuvent évoluer.
« font preuve d’une grande gentillesse et de compréhension. »
Consulter les avis sur la fiche Google de l’étude. Le premier échange sert à préciser votre situation et les pièces utiles ; un avis ne préjuge pas du résultat de votre dossier.
Don manuel : questions fréquentes
Quel montant d’argent puis-je recevoir en cadeau sans le déclarer ?
Un présent d’usage — proportionné aux moyens du donateur et lié à un événement — n’est ni taxable ni déclarable, quel qu’en soit le montant, tant que la proportion reste raisonnable. Au-delà, il s’agit d’un don manuel, à déclarer même s’il reste sous l’abattement.
Précisions complémentaires : quelle est la nouvelle loi sur les dons manuels ?
Deux évolutions sont à distinguer : la déclaration en ligne obligatoire depuis janvier 2026, sauf exceptions, et le dispositif temporaire d’exonération pour l’achat d’un logement neuf ou la rénovation énergétique : jusqu’à 100 000 € par donateur et 300 000 € par bénéficiaire, pour les dons consentis entre le 15 février 2025 et le 31 décembre 2026, avec emploi des fonds dans les six mois et conservation du logement pendant cinq ans.
Sources et vérification
- déclaration du don et règles fiscales
- Donations reçues par acte notarié
- Tarif des actes de donation — article A444-67
Page mise à jour le 28 septembre 2026. Les exemples illustrent les hypothèses indiquées ; les pièces, clauses et frais sont à confirmer pour votre dossier.
