Un bail notarié est un contrat de location reçu en la forme authentique. Sa copie exécutoire permet, sous conditions, d’engager le recouvrement d’une créance exigible sans obtenir d’abord un jugement. Elle ne permet pas d’expulser librement un locataire. Les règles et la répartition des frais dépendent du type de location. À lire aussi : actes liés à un immeuble.
En bref
- Trois attributs distinguent le bail authentique du bail sous seing privé : la force exécutoire, la date certaine et la responsabilité du rédacteur. ↗
- Oui, le bail notarié revêtu de la formule exécutoire constitue un titre exécutoire. ↗
- Le bail d’habitation ou professionnel et d’habitation donne lieu à un émolument tarifé : un demi-mois de loyer. ↗
Sur cette page
- Quels sont les avantages d’un bail notarié ?
- Le bail notarié est-il un titre exécutoire ?
- Quel est le coût d’un bail notarié ?
- Quels sont les 3 types de bail ?
- Bail notarié : les clauses d’un bail commercial
- Bail notarié : la gestion locative après la signature
- Bail notarié : l’accompagnement de l’office
- Bail notarié : questions fréquentes
Quels sont les avantages d’un bail notarié ?
Trois attributs distinguent le bail authentique du bail sous seing privé : la force exécutoire, la date certaine et la responsabilité du rédacteur. Le premier est décisif quand le loyer est élevé ; les deux autres pèsent sur toute la durée du contrat.
La force exécutoire. L’acte vaut titre : le recouvrement des loyers impayés et des charges peut être engagé sans jugement préalable. Le bailleur d’un bail sous seing privé doit, lui, obtenir d’abord une décision de justice — plusieurs mois, un avocat, une audience.
La date certaine. L’acte est opposable à tous, y compris à un acquéreur du bien ou à un créancier du bailleur. Un bail long publié au service de la publicité foncière survit à la vente de l’immeuble.
Le conseil et la rédaction. Un bail commercial mal rédigé se paie pendant neuf ans. Les clauses relatives aux charges, aux travaux, à la destination des lieux et à la révision du loyer font l’essentiel des contentieux, et elles ne figurent pas dans les modèles génériques.
Un point de droit à connaître : un bail de plus de douze ans doit obligatoirement être notarié et publié. En dessous de ce seuil, la forme authentique est un choix. Le rôle du notaire dans les opérations locatives et de vente est détaillé sur la page préparation des actes immobiliers.
Le bail notarié est-il un titre exécutoire ?
Oui, le bail notarié revêtu de la formule exécutoire constitue un titre exécutoire. Il peut permettre le recouvrement forcé des loyers et charges exigibles sans jugement préalable, lorsque la créance répond aux conditions légales. En revanche, il ne dispense pas le bailleur de la procédure judiciaire nécessaire pour obtenir l’expulsion du locataire.
La clause résolutoire joue le même rôle dans les deux formes de bail : elle permet la résiliation de plein droit après un commandement resté infructueux. Mais la libération des lieux suppose en principe un titre permettant l’expulsion et le respect de la procédure ; le concours de la force publique peut être nécessaire et les délais ou exceptions doivent être vérifiés.
L’écart pratique se mesure en trésorerie. Sur un local commercial dont le loyer représente plusieurs milliers d’euros par mois, les mois gagnés sur une procédure de recouvrement pèsent plus que le coût de l’acte.
Quel est le coût d’un bail notarié ?
Tout dépend du bail. Le bail d’habitation ou professionnel et d’habitation donne lieu à un émolument tarifé : un demi-mois de loyer. Le bail commercial, lui, ne figure pas au tarif réglementé — il relève d’honoraires libres, fixés par une convention écrite conclue avant la rédaction. S’y ajoutent, dans les deux cas, la TVA et les frais de formalité.
Qui paie ? Pour un bail commercial, aucun texte ne l’impose : la répartition se négocie et figure dans l’acte. L’usage veut que les frais soient à la charge du preneur, mais rien n’interdit de les partager. Pour un bail d’habitation soumis à la loi du 6 juillet 1989, l’encadrement vise le cas où un professionnel est mandaté pour l’entremise ou la négociation de la location : les honoraires de visite, de constitution du dossier et de rédaction du bail sont alors partagés, et la part du locataire ne peut dépasser ni celle du bailleur, ni un plafond au mètre carré fixé par décret.
Côté impôts, les baux d’immeubles à durée limitée sont dispensés de la formalité de l’enregistrement ; présentés volontairement à l’enregistrement, ils supportent un droit fixe de 25 €. Au-delà de douze ans, le bail est publié au service de la publicité foncière et supporte une taxe de publicité foncière de 0,70 %, sauf exonération — bail à construction, bail rural à long terme, bail réel solidaire.
Le barème acte par acte figure sur la page émoluments du notaire. Les prestations qui n’entrent pas dans le tarif réglementé relèvent d’honoraires libres, expliqués sur la page honoraires du notaire.
Quels sont les 3 types de bail ?
Il n’existe pas trois catégories universelles de bail couvrant toutes les locations. On distingue notamment le bail d’habitation, le bail commercial et le bail professionnel ; les locations rurales relèvent aussi de règles propres. L’usage des locaux et l’activité exercée déterminent le régime. La forme notariée sécurise l’acte sans remplacer cette qualification.
Le bail d’habitation
La loi fixe la durée minimale, plafonne le dépôt de garantie, limite les motifs de congé, impose un préavis et la liste des diagnostics annexés. Un bail d’habitation reçu par notaire obéit exactement aux mêmes règles qu’un bail sous seing privé : la forme authentique n’ouvre aucune dérogation.
Ce qu’elle change malgré tout : le recouvrement des impayés sans jugement, la sécurité de la rédaction pour un bail meublé, un bail mobilité ou une location saisonnière — trois régimes distincts —, et la solidité du cautionnement donné par un tiers, souvent contesté quand il est mal formalisé.
Elle se justifie surtout dans trois cas : un logement à loyer élevé, un bailleur qui gère à distance, et une location consentie à un proche, où le formalisme évite que le lien familial serve d’excuse à ne pas payer.
Le bail dérogatoire et la convention précaire
Il évite au bailleur d’être engagé pour neuf ans et de devoir verser une indemnité d’éviction. Son intérêt est réel : tester un emplacement, occuper un local en attendant une vente, accueillir une activité saisonnière.
Son danger l’est autant. Si le locataire reste dans les lieux au-delà du terme, et au plus tard un mois après l’échéance, sans que le bailleur réagisse, un bail commercial de neuf ans naît de plein droit, avec la propriété commerciale, le droit au renouvellement et l’indemnité d’éviction. Le bailleur qui laisse courir s’est engagé pour une décennie sans l’avoir voulu.
La durée totale du bail ou des baux successifs ne peut excéder trois ans : plusieurs baux dérogatoires conclus sur le même local avec le même locataire se cumulent pour apprécier ce plafond, et passé ce terme les parties ne peuvent plus déroger au statut pour exploiter le même fonds dans les mêmes locaux.
Bail notarié : les clauses d’un bail commercial
Le statut des baux commerciaux fixe un socle d’ordre public — durée de neuf ans, droit au renouvellement, encadrement du loyer révisé — et laisse au contrat une large place. Dans un bail notarié, ce sont ces clauses, et non la forme de l’acte, qui déterminent l’économie réelle de la location.
La destination des lieux définit l’activité autorisée. Rédigée trop étroitement, elle obligera le locataire à demander une déspécialisation pour évoluer ; trop largement, elle permettra une activité que le bailleur ne souhaitait pas.
La révision et l’indexation du loyer. Le choix de l’indice et la périodicité pèsent lourd sur neuf ans, particulièrement en période d’inflation.
La cession du bail. Le contrat ne peut pas interdire au locataire de céder son bail à l’acquéreur de son fonds de commerce : c’est d’ordre public. Le contrat peut en revanche encadrer les autres cessions et prévoir une garantie du cédant.
La sous-location, en principe interdite sauf autorisation, la clause résolutoire, le dépôt de garantie et la solidarité en cas de cession complètent le socle. Côté preneur, les obligations principales sont de payer le loyer et les charges, d’exploiter effectivement le fonds, de respecter la destination et d’entretenir les lieux.
Charges, travaux et taxe foncière
C’est le premier poste de litige, et la loi a repris la main. Le bail commercial doit comporter un inventaire précis et limitatif des catégories de charges, impôts et travaux, avec leur répartition entre bailleur et preneur. Une clause générale du type « toutes charges au preneur » n’est plus opérante.
La taxe foncière peut être mise à la charge du locataire, à condition d’être expressément prévue. Elle reste due par le propriétaire vis-à-vis de l’administration, et lui est refacturée en vertu du bail. En l’absence de clause, elle demeure au bailleur.
La liste de ce qui ne peut jamais être imputé au preneur est limitative, et elle ne se réduit pas aux travaux : les grosses réparations de l’article 606 du Code civil — gros murs, voûtes, poutres, couvertures, murs de soutènement — et les honoraires qu’elles entraînent ; les travaux de vétusté ou de mise en conformité dès lors qu’ils relèvent de ces grosses réparations ; les impôts dont le bailleur est le redevable légal, dont la contribution économique territoriale ; les honoraires de gestion des loyers ; et, dans un ensemble immobilier, les charges afférentes aux locaux vacants ou imputables aux autres locataires. Le bailleur doit en outre communiquer un état prévisionnel des travaux des trois années à venir, et un état récapitulatif de ceux réalisés, à chaque échéance triennale.
Qui peut signer un bail commercial
Côté preneur : une personne physique exerçant une activité commerciale, artisanale ou industrielle, ou une société immatriculée, ou en cours d’immatriculation avec reprise des engagements.
Côté bailleur : le propriétaire, ou l’usufruitier — avec une réserve importante. La conclusion d’un bail commercial étant un acte de disposition, l’usufruitier doit obtenir l’accord du nu-propriétaire ou une autorisation judiciaire dans les conditions légales : l’accord du nu-propriétaire est nécessaire. Le point est régulièrement oublié dans les successions où le conjoint survivant a opté pour l’usufruit, et il est développé sur la page prévoir plusieurs usufruitiers successifs.
Trois autres situations exigent une vigilance particulière : un bien en indivision, dont la location commerciale requiert l’unanimité des indivisaires ; un bien détenu par une société civile, où les pouvoirs du gérant doivent le permettre, ce que les statuts ne prévoient pas toujours, comme le rappelle la page gestion immobilière en société familiale ; et un bailleur sous mesure de protection, pour lequel l’autorisation du juge ou du conseil de famille peut être nécessaire.
Avant de rédiger un bail, il faut vérifier qui détient les locaux et qui peut les louer. L’acte justifiant la propriété du bien aide à identifier le bailleur, notamment après une acquisition ou une succession.
Bail notarié : la gestion locative après la signature
Certaines études assurent la gestion locative : recherche de locataire, rédaction du bail, encaissement des loyers, régularisation des charges, suivi des impayés. L’activité est accessoire du notariat, distincte de la fonction d’officier public, et elle relève d’honoraires libres et non du tarif réglementé.
Son intérêt tient au cumul : lorsque l’étude qui a rédigé le bail notarié assure aussi la gestion, elle connaît le titre de propriété, la situation de famille du bailleur et sa stratégie patrimoniale. Pour un propriétaire éloigné, ou pour une société civile détenant plusieurs lots, c’est une continuité que peu d’intervenants offrent. Toutes les études ne proposent pas ce service : mieux vaut poser la question directement.

Bail notarié : l’accompagnement de l’office
Les avis publics de l’office portent sur plusieurs types de dossiers. Ils ne constituent pas des témoignages spécifiques à cette démarche. La fiche Google affichait 4,9/5 pour 76 avis lors du relevé du 27 septembre 2026 ; ces chiffres peuvent évoluer.
« font preuve d’une grande gentillesse et de compréhension. »
Consulter les avis sur la fiche Google de l’étude. Le premier échange sert à préciser votre situation et les pièces utiles ; un avis ne préjuge pas du résultat de votre dossier.
Bail notarié : questions fréquentes
Précisions complémentaires : quels sont les avantages d’un bail notarié ?
Faire du contrat un titre exécutoire, opposable à tous et daté de façon certaine. S’y ajoute la responsabilité du rédacteur sur des clauses qui engagent neuf ans dans un bail commercial. Pour une location de faible enjeu, l’écart avec un bail sous seing privé reste modeste.
Est-ce qu’un bail notarié permet d’expulser un locataire ?
Non. L’expulsion suppose en principe une décision ou un titre admis par la loi et le respect de la procédure ; le concours de la force publique n’est pas systématique. Le bail notarié dispense seulement du jugement pour recouvrer les sommes dues : loyers, charges et indemnités d’occupation. C’est un gain de temps sur l’argent, pas sur la libération des lieux.
Précisions complémentaires : quel est le coût d’un bail notarié ?
Cela dépend du bail. Pour un bail d’habitation ou professionnel et d’habitation, le barème national fixe l’émolument à un demi-mois de loyer, et aucune étude ne peut le modifier. Pour un bail commercial, la prestation n’est pas tarifée : elle donne lieu à des honoraires libres, convenus par écrit à l’avance. S’y ajoutent la TVA et les frais de formalité.
Quels sont les avantages d’un bail commercial par acte notarié ?
Le recouvrement des loyers sans jugement, d’abord, sur des montants qui se comptent en milliers d’euros. La date certaine ensuite, opposable à un acquéreur de l’immeuble. Enfin la rédaction des clauses de charges, de travaux, de destination et de révision, qui sont la source de l’essentiel des contentieux.
Quels sont les avantages d’un bail avec acte notarié ?
Les mêmes, quel que soit le type de contrat : force exécutoire, date certaine, conseil du rédacteur et conservation de la minute par l’étude. Pour une location d’habitation, l’écart est plus faible, la loi encadrant déjà l’essentiel du contenu du contrat.
Le bail notarié est-il obligatoire ?
Rarement. Il l’est pour un bail de plus de douze ans, qui doit être publié au service de la publicité foncière. Il l’est aussi lorsqu’un texte particulier l’exige. Dans tous les autres cas, la forme authentique reste un choix du bailleur et du preneur.
Sources et vérification
Page mise à jour le 28 septembre 2026. Les exemples illustrent les hypothèses indiquées ; les pièces, clauses et frais sont à confirmer pour votre dossier.
